Origine et histoire du Musée Alsacien
Le Musée alsacien de Strasbourg a été fondé en 1902 par la Société du Musée alsacien, née de l’initiative d’artistes et d’intellectuels alsaciens, dont Charles Spindler, soucieux de préserver la culture régionale face à l’annexion allemande (1871-1918). Le projet émerge dans la Revue alsacienne illustrée, qui publie en 1900 l’idée d’un « musée ethnographique alsacien ». Les fondateurs, parmi lesquels les docteurs Pierre Bucher et Ferdinand Dollinger, ainsi que l’archéologue Robert Forrer, officialisent la création lors d’une assemblée en novembre 1902. Les premières acquisitions incluent des aquarelles de Spindler, offertes en échange d’une part sociale. Le musée ouvre en 1907 dans un immeuble du 23 quai Saint-Nicolas, choisi pour son cachet historique.
Durant la Première Guerre mondiale, les autorités allemandes liquident la société gestionnaire, et la Ville de Strasbourg reprend le musée en 1917. Adolphe Riff, nommé conservateur en 1918, le dirige jusqu’en 1952, période marquée par l’intégration aux Musées de Strasbourg. Entre 1969 et 1985, Georges Klein étend les collections aux immeubles voisins (nos 24-25) et modernise les expositions. Le musée devient alors une référence des arts et traditions populaires, mettant en valeur les cultures catholique, protestante et juive, ainsi que les savoir-faire locaux comme la viticulture ou la production de Munster.
Les collections, fortes de 50 000 œuvres, illustrent la vie domestique (mobilier, poêles en faïence), les rites sociaux (mariages, naissances) et les jouets traditionnels, souvent liés aux changements de nationalité de l’Alsace. Des reconstitutions d’intérieurs et d’ateliers, ainsi que des objets religieux (dont une collection juive confiée par la Société d’histoire des Israélites d’Alsace), enrichissent le parcours. Le musée ferme en 2025 pour rénovation, avec une réouverture prévue en 2027.
L’histoire du musée est aussi marquée par des événements symboliques, comme la Kermesse paysanne de 1907, où l’élite strasbourgeoise adopte des costumes traditionnels pour célébrer la culture locale. En 1908, le Bazar Erckmann-Chatrian rend hommage à des romans patriotiques, affirmant discrètement des sentiments francophiles sous domination allemande. Ces manifestations, bien que tolérées, soulignent le rôle du musée comme acteur de résistance culturelle.
Les expositions temporaires, depuis les années 1970, explorent des thèmes variés : céramiques, costumes, imagerie populaire (notamment celle de Wissembourg, centre majeur au XIXe siècle), ou encore les traditions juives et chrétiennes. Le centenaire en 2007 et les partenariats récents (Festival du film fantastique, Université de Strasbourg) confirment son ancrage dans la vie culturelle strasbourgeoise. Le bâtiment, partiellement classé monument historique, allie architecture traditionnelle (colombages, coursives en bois) et scénographie immersive.
Conditions de visite
Téléphone : 03 88 52 50 01
Ouverture annuelle : de 10:00 à 18:00
Fermeture : Fermeture le 1er janvier, Vendredi Saint, 1er mai, 1er et 11 novembre, 25 décembre
Tarif individuel : Tarif 6,50€ - tarif réduit : 3,50€
Contact organisation : 03 68 98 51 60